Chaque fois que nous parlons de motifs, de manipulation de motifs et d’usages de techniques contrapuntiques pour modifier un motif particulier, nous revenons toujours au travail de Johann Sebastian Bach, qui était un maître de la composition et de la manipulation - je veux parler de cet aspect particulier de la manipulation contrapuntique d’idées musicales - et il existe certaines œuvres influentes produites par J. S. Bach. L'une d'entre elles est L’Art de la fugue et l’autre est L’Offrande musicale, où il utilise toutes ces techniques de manipulation de manière incroyablement magistrale. Les exemples dont je veux parler dans ce contexte sont liés à l’idée du canon. Pour ceux d’entre vous qui ne sont pas familiers avec ce qu’est un canon, un canon est une pièce de musique fondée sur une seule ligne mélodique, jouée ou chantée par un interprète, puis un second interprète entre avec la ligne mélodique identique mais à un moment différent. Il y a donc superposition de deux lignes identiques, avec différents points de départ temporels Et la combinaison de ces deux lignes identiques donne naissance à des effets harmoniques et mélodiques qui génèrent la composition elle-même. Si l’on est étudiant en contrepoint et que l’on doit suivre une formation sur la manière d’écrire des canons, et des canons de types très variés, ces détails importent peu, mais il existe certains canons très sophistiqués que l'on peut écrire, et l’un d’eux est ce qu’on appelle un canon en crabe [ou canon à l'écrevisse] Un canon en crabe est un canon où il y a une ligne mélodique chantée ou jouée par un interprète, et la même ligne mélodique est jouée mais rétrogradée par l’autre voix. Ainsi, vous avez une seule mélodie qu’un interprète joue de gauche à droite, et que l’autre joue de droite à gauche en même temps. Et il existe un célèbre canon en crabe dans L’Offrande musicale de J. S. Bach que vous pouvez entendre, que vous pouvez écouter dans le PowerPoint de cette unité. Vous pouvez en fait voir le canon entier tel qu’il est écrit. Comme vous le voyez, il n’est écrit que sur une seule ligne, et donc le premier interprète, la première voix, le joue normalement, de gauche à droite, et le second joue la partition à l’envers et c’est ainsi que ces canons en crabe étaient écrits à l’époque de J. S. Bach. Le second exemple est un autre canon de L’Offrande musicale de J. S. Bach, appelé le canon miroir. Dans un canon miroir, nous avons toujours une seule ligne mélodique, qui est la ligne principale du canon, mais la réponse, ou le second interprète, entre à un moment donné de l’exécution de la première ligne, mais au lieu de répéter le même contenu mélodique, il joue le même motif, mais inversé. Il s’agit donc d’un équilibre entre la ligne originale et la ligne inversée qui commencent à des moments différents. Les deux, le canon en crabe et le canon miroir, sont démontrés dans le notebook, où vous pouvez jouer avec leur structure en utilisant très peu de lignes de code, ce qui constitue à nouveau une démonstration de la manière dont ces processus algorithmiques donnent naissance à des structures musicales très intéressantes.